Souvenirs du 16.04.15

Souvenirs d'un petit bonheur

Mercredi, j’ai utilisé le site Blablacar à nouveau, pour réserver un covoiturage. La conductrice avec laquelle je suis descendue à Amiens était tellement sympathique qu’à l’arrivée, j’étais attristée de la quitter. Mes premiers pas dans l’ex-capitale régionale de la Somme m’ont porté jusqu’à la chocolaterie Auzou. C’est ma préférée et j’ai pris quelques quelques gourmandises telles que les perles au caramel, les pralinés au sésame et les cœurs chocolat blanc passion.

Puis, mon amie d’enfance et son compagnon m’ont emmené dans ma campagne familiale. Ce fut l’occasion pour Del de redécouvrir le domaine qu’elle n’avait pas vu depuis plusieurs années. On en a des souvenirs ensemble ! Surtout ceux du mercredi après-midi où sa grand-mère l’emmenait voir son arrière-grand-mère à quelques maisons de la mienne. Le mercredi était mon jour préféré de la semaine.

*

Jeudi est arrivé où un stress sournois est monté… Mon objectif du jour : rendre visite à Del qui habite à 25 km, soit une conduite en solo de 50 km. Car oui, le temps était venu pour moi de conduire SEULE.

J’ai obtenu mon permis le 21 janvier et le 21 février, mes parents m’achetaient la voiture. C’était le deal. « Quand tu passeras ton permis, on te paiera la voiture. » Obtenir mon permis de conduire est une compétence que je ne pensais JAMAIS acquérir. Comme quoi, il ne faut JAMAIS dire JAMAIS. Ou bien le dire et comme ça, ça arrive de temps en temps. (Je ne gagnerai jamais au loto…)

Conduire m’effrayait et puis, j’ai eu l’opportunité de le passer. J’ai saisi cette chance. Le code a été rébarbatif mais l’examen m’a paru trop facile après l’entraînement en mode guerrière que j’ai reçu durant 2 mois. Ensuite, j’ai presque aimé toutes mes leçons de conduite. J’ai vaincu ma peur et comme me l’a dit Sandra du blog Nouvelles en Vrac : « Le plus dur, c’est de commencer. » Je confirme ! (Je crois que je pourrais me tatouer cette phrase tellement je la trouve vraie)

Je suis revenue chez les parents en mars pour conduire la voiture. La première expérience avec mon père s’est révélée un fiasco et là, je lui ai dis, plus JAMAIS avec LUI. Oups, j’ai dit jamais. Mais alors dans très très longtemps. L’après-midi même, avec ma mère, nous avons été voir mon grand-père (ancien mécanicien, trop heureux que j’ai enfin ce permis) puis Del. Je l’avais toujours dit : « Quand j’aurai mon permis, ma première destination, ce sera Del ! » La sortie s’est mieux déroulée qu’au matin. Maman et moi sommes revenues entières et pas traumatisées.

Mais conduire seule… J’appréhendais. Conduire seule la première fois, c’est accepté qu’on soit capable de rouler sans moniteur. C’est lâcher le rebord de la piscine et aller nager au milieu.

Du mercredi au jeudi, j’ai assez mal dormi. Bouhou. Je me revoyais en boucle mettre le contact, débrayer, passer la première, embrayer délicatement, mettre un coup d’accélération, passer la 2.

La matinée, la présence instigatrice de mon père m’a découragée à m’installer au poste de conduite. Il s’amuse à sortir et à rentrer la voiture et de ce fait, ça change ma posture. Aujourd’hui, j’ai enfin mémorisé les paramètres pour m’installer en 2 min. A mesure que les heures passaient, si mon aspect visuel ne présentait pas de stress, mon corps, lui, s’est amusé à me conduire au petit coin toutes les 5 min ! Cette montée de stress m’a rappelé la terminale…les épreuves du Bac. Je n’ai même pas été dans cet état quand j’ai passé mon permis.

Garde ton calme

Lorsque mes parents sont rentrés d’une course (n’ayant pas de double des clefs) le moment est venu. Les réglages étaient faits, le GPS programmé, la carte du permis de conduire dans le portefeuille et les papiers dans la boîte à gants. Me retrouver seule dans l’habitacle m’a fait une drôle d’impression. En vrai, j’appréhendais surtout mes interactions avec les autres conducteurs.

Une fois sur la route, je me suis sentie à l’aise. Très vite sortie du village, j’ai enclenché la vitesse max pour être à 80Km/h. En approche d’intersection, je rétrograde, met le clignotant, tourne, entre en amélioration, sort de l’agglomération, passe les vitesses, atteint la départementale en double voie. Cette route-là me rassure vraiment car étant limité par mon statut d’apprenti, les autres conducteurs sont libres de me dépasser tandis que je roule peinarde dans ma voix. Aaaah…. BONHEUR ! Je ris toute seule, je parle à ma voiture, lui confie que toutes les deux, on va faire du chemin ensemble. Je réalise que tant que je paie mon assurance d’un montant mensuel de 87 € et que je peux acheter du Gazole, je suis LIBRE AUTONOME !

Mes parents se sont demandés s’il était nécessaire que j’use du GPS (premier appareil que je me suis acheté à la suite de mon permis – moi et la géographie du nord, ça fait 3) vu que je suis née dans la région. Mais depuis mon exil cinq ans auparavant, les routes que je n’ai d’ailleurs jamais pratiqué en tant que conductrice me sont étrangères.

Alors pour me conduire chez Del, le GPS m’a fait passer par des routes de campagne au goudron rouge où j’ai été HEUREUSE de ne croiser personne. Car je ne suis pas sûre que deux voitures seraient passées. A peine franchi l’entrée du village, mon guide a décrété que j’étais arrivée. Hors…Ce n’était point le cas. J’ai pris un cul de sac non annoncé, j’ai effectué un demi-tour et me suis arrêtée un instant pour découvrir que le réseau mobile ne passait pas. La galère pour les gens qui habitent dans de tel lieu… Je ne sais pas si je pourrais survivre. Puis, guidé à l’instinct, j’ai trouvé la fameuse route. Car Del habite hors du village. Dès que j’ai aperçu la maison blanche, j’ai su au loin que mon Challenge était relevé.

Quand j’ai mis pied à terre dans la propriété de Del et que j’ai regardé le vaisseau qui m’avait emmené là, j’ai réalisé à quel point ce permis offrait une marche de manœuvre importante.

Après une session de blabla, de Toutou désireux de me faire la fête, de deux thé vert menthe et mélisse fraîche délicieux, l’après-midi s’est terminé et j’ai repris la route. Tout s’est bien passé à part un souci de passage en troisième vitesse (différent de la voiture d’auto-école) et une conductrice derrière moi qui me collait un max, interdite de dépasser par la ligne blanche. Dans mon rétroviseur centrale, je la voyais s’énerver. Mais bon, je ne vais pas prendre le risque de perdre mon permis chèrement acquis pour une impatiente.

Allez jeune permis, n’ayez pas peur de faire ce premier voyage en SOLO. Si vous avez obtenu la carte rose, c’est que vous êtes capable, que vous respecter le CODE des pirates, que vous n’êtes un danger ni pour vous ni pour les autres. Faites vous confiance !

Je me sens comme sur Pandora dans la communauté des Na’Vis où les chasseurs doivent enfourcher leur Ikrans pour la première fois pour faire le LIEN. C’est stressant, plein d’adrénaline, il y a un risque mais au final… C’est MERVEILLEUX ! On ne fait plus qu’un avec sa monture.

Jake_Ikran_Le Lien

Et cette aventure, après le périple de la conduite avec mon père, m’a conforté dans le fait que … J’AIME CONDUIRE. Prochaine étape, la remontée dans le Nord avec Titine par l’autoroute. La présence des camions me fait un peu angoisser surtout que je n’ai pas souvent « doublé » mais pour ce baptême, j’aurai la présence rassurante de mon petit frère.

😉

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